Société

J'ai été induit en erreur, dixit Capitaine Dao sur le putsch du RSP

Le  capitaine Abdoulaye Dao  estime avoir «été induit en erreur», lors du putsch manqué de septembre 2015. Son audition se poursuivait ce vendredi 21 septembre. Les avocats de la partie civile refutent sa version des faits 

 Le capitaine Abdoulaye Dao a expliqué une nouvelle fois vendredi, qu’il ignorait le contenu de la proclamation qu’il a remis le matin du 17 septembre 2015, au médecin-colonel Mamadou Bamba qui annonçait la prise du pouvoir par le Conseil national de la Démocratie (CND).

 

Selon lui, il a cru qu’il s’agissait d’une solution de sortie de crise trouvée par la hiérarchie militaire et les médiateurs qui étaient en concertation depuis l’arrestation des autorités de la Transition, la veille.

 

Il a précisé que le Général Gilbert Diendéré, l’avait confirmé que la déclaration avait reçu l’aval de la hiérarchie militaire avec à sa tête le chef d’État-major Général des Armées d'alors, le Général Pingrenoma Zagré.

 

Et pourtant, selon le parquet militaire, le Colonel-major Boureima Kéré a déclaré devant le juge d’instruction, que lors de leur réunion au ministère de la Défense, la hiérarchie militaire «a exprimé sa désapprobation» au Général Diendéré contre un éventuel coup d’État.

 

Face à cette révélation, le capitaine Abdoulaye Dao a déclaré qu’il n’a pas assisté à cette rencontre des officiers supérieurs et que le Colonel-major Boureima Kéré, ne lui a pas dit ce qui s’y est passé mais lui, a fait confiance aux propos du Général Gilbert Diendéré.  

 

« Le général vous l’a dit mais l’avez-vous vérifié auprès d’autres sources notamment le chef d’Etat-major Général des Armées ? » a demandé le parquet militaire.

 

« Je n’ai pas cherché à vérifier parce qu’il faut faire confiance à ses supérieurs » a estimé le Capitaine Abdoulaye Dao. Cependant, affirme-t-il, « Je n’ai pas été assez prudent, c’est pourquoi, je suis là (au Tribunal militaire). En un mot, j’ai été induit en erreur ».

 

Pour l’avocat de la partie civile Me Prosper Farama, à partir du moment où le président de la Transition Michel Kafando et certains de ses ministres avaient été arrêtés le 16 Septembre 2015, le Capitaine Abdoulaye Dao, ne devrait plus ignorer que c’était un coup d’Etat qui était en cours.

 

« Même si  Zagré (le chef d’Etat-major général aux moments des faits) était impliqué, cela ne vous amende pas pour autant. Votre ligne de défense est bancale » a-t-il déclaré.

 

A sa suite, Me Yanogo toujours de la partie civile a demandé à l’accusé si pour lui, le Général Diendéré constituait à lui seul toute la hiérarchie militaire. Et l’accusé d’insister que le Général l’a rassuré que « toute la hiérarchie était d’accord ».

 

« Il y a un problème, la hiérarchie se réunit, trouve une solution et vous l’a remet pour lecture à la télévision nationale et vous ne cherchez à connaitre le contenu de cette solution » a encore demandé Me Yanogo.

 

« Je n’ai pas cherché à voir la solution » a répondu l’accusé ajoutant que si lui Capitaine, ne peut pas faire confiance à un Général dans une armée dite républicaine, « c’est qu’il y a problème ».

 

« Avec le recul, nous allons commencer à réfléchir aux ordres de la hiérarchie » a-t-il affirmé.

 

Me Neya a lui demandé au Capitaine Abdoulaye Dao, s’il assumait les actes qui ont été posé par les éléments qui étaient sous sa responsabilité notamment leur participation à l’arrestation des autorités de la Transition.

 

« Je refuse d’assumer cette paternité. Je ne vais pas assumer des ordres que je n’ai pas donné » a-t-il affirmé.

 

Selon lui, les éléments de sécurité qui étaient sous sa responsabilité étaient les meilleurs parmi les meilleurs au sein de l’armée burkinabè qui accomplissaient les tâches qu’il leur ordonnait avec brio.

 

C’est pourquoi, il dit ne pas comprendre les actes que certains d’entre eux ont commis surtout qu’on était à quelques jours du début de la campagne des élections couplées présidentielle et législatives. 

 

Pour Me Séraphin Somé, le problème de ses éléments du RSP que vante le Capitaine Abdoulaye Dao, c’est que leurs qualités « n’étaient pas mises au service de la République mais d’un homme, d’un système ».

 

C’est pourquoi, selon lui, « durant tout le règne de cet homme (Blaise Compaoré), il n’y a pas eu de coup d’État. Mais moins d’un an après son départ, ses hommes (le RSP) se sont découverts de nouvelles qualités à savoir perpétuer un coup d’État ».

 

« Si le RSP était resté dans ses missions militaires, tout le peuple allait militer pour son maintien mais comme il s’est lancé dans la politique, le peuple s’est levé et il a disparu » a-t-il affirmé.

 

Affirmation à laquelle, le Capitaine Abdoulaye Dao a répliqué que « ces hommes (RSP) ont été formé pour la Nation ». Il en veut pour preuve que la grande majorité  est toujours dans l’armée, repartie entre les autres corps.

 

Pour l’avocate de l’accusé, Me Maria Mireille Barry, le Capitaine Abdoulaye Dao, en émettant des réserves sur le choix du sous-lieutenant Boureima Zagré pour lire la proclamation du putsch, voulait juste protéger un jeune frère d’armes afin qu’il ne soit pas lâché par la hiérarchie militaire, en cas de problème.

 

Le Capitaine Abdoulaye Dao est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’État, meurtre sur 13 personnes, coups et  blessures sur 42 personnes, incitation à  commettre des actes contraires au règlement et à la discipline.

 

Débuté le mercredi dernier, l’interrogatoire de l’accusé se poursuit lundi.

Avec AIB

Topinfoplus.com 

© 2017 TopInfoPlus. tous droits réservés.Design & Development by Nekmaam