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Société

Diendéré contredit par les preuves au procès du putsch

Des relevés téléphoniques  présentés lundi au Tribunal militaire de Ouagadougou comme étant ceux du Général Gilbert Diendéré, démontrent que l’éphémère président du Conseil National de la Démocratie (CND) a communiqué avec certaines personnes le 16 septembre 2015, contrairement à ses dires. 

Lors de leurs passages comme témoins devant la barre du Tribunal militaire de Ouagadougou, le lundi 11 février dernier, l’ancien directeur de la police nationale Lazare Tarpaga et l’ancien président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) Mathurin Bako ont déclaré que le jour de l’arrestation des autorités de la Transition, le général Gilbert Diendéré les a appelés pour leur donner des instructions.

Au premier, il aurait demandé son appui pour le maintien d’ordre, au second, il aurait demandé de couper la diffusion d’internet.

Appelé à la barre, ce jour-là, le général Diendéré avait reconnu avoir communiqué avec les deux responsables mais précisé que c’était après le 16 septembre 2015.

Ce lundi, devant le Tribunal militaire, le parquet a présenté les relevés téléphoniques du général Diendéré qui attestent que celui-ci a effectivement communiqué avec les deux responsables au moment du putsch de septembre 2015.

Le relevé téléphonique du général Diendéré révèle également que ce dernier a communiqué téléphoniquement avec le journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss tout au long de la journée du 16 septembre 2015 contrairement aux propos de ce dernier lors de son passage à la barre.

Devant la barre du Tribunal militaire, le mercredi 10 octobre 2018, Damiss a affirmé qu’il a appelé le général Diendéré une seule fois le 16 septembre 2015 avant de se rendre au camp Naba Koom 2 pour faire son travail de journaliste.

Mis également en cause, dans les relevés téléphoniques, l’ancien bâtonnier Mamadou Traoré, par la voix de son avocat le bâtonnier Moussa Coulibaly, « nie et conteste de la manière la plus forte, ces éléments téléphoniques », auxquels, il dit n’accorder « aucune base légale ».

Selon le bâtonnier Moussa Coulibaly, le parquet militaire n’a aucune compétence d’aller de lui-même auprès des opérateurs téléphoniques pour ramener des relevés téléphoniques.

De ses dires, seul le Tribunal militaire, a la compétence conformément à la loi, d’introduire de nouveaux éléments au procès.

C’est pourquoi, le bâtonnier Moussa Coulibaly dit formuler une exception au Tribunal militaire qui est  le retrait de ces relevés téléphoniques introduits par le parquet militaire.

Dans la même dynamique que le bâtonnier Coulibaly, Me Olivier Yelkouni, de la défense, estime qu’il y a des « incohérences » sur les  relevés téléphoniques car sur deux numéros censés avoir communiqués, on retrouve les traces des appels sur l’un mais pas sur l’autre.

«La fiabilité de ces pièces nous pose problème » a-t-il affirmé avant de poursuivre avec de l’humour « l’éléphant annoncé (les relevés téléphoniques) avec tambour et trompette, est arrivé avec un pied cassé».

Pour le parquet militaire, «ces pièces font l’effet d’une BM-14 (lance-roquette russe)» parce que selon lui, «des gens ont dit des choses ici et les pièces viennent prouver le contraire».

«Je comprends leur embarras» a-t-il ironisé puis précisé que «dans le fond, aucune base légale ne leur (la défense) permet de demander le retrait de pièces produites».

C’est pourquoi, le parquet demande au Tribunal militaire, le rejet de l’exception  faite par la défense.

Concernant l’exception de la défense qui porte sur le retrait des relevés téléphoniques, le président du Tribunal militaire Seydou Ouédraogo a promis rendre sa décision avant la clôture des débats en cours.

Le procès s’est  poursuivi avec la diffusion d’autres éléments sonores.

Avec AIB

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