Politique

Reduction des salaires au Tchad: Les fonctionnaires en larmes

Les fonctionnaires tchadiens ont fait l’amer constat, samedi jour de début du paiement des salaires du mois de janvier, que leurs soldes ont été réduites de 50%.

Devant les distributeurs automatiques ou à l’intérieur des banques, la tristesse et l’incrédulité se lisent sur le visage de beaucoup de gens : certains ont constaté qu’il leur reste une petite somme là où d’autres n’ont rien trouvé sur leur compte.

 

«Je suis arrivé du quartier +Atrone+ espérant percevoir mon salaire et payer du carburant pour ma motocyclette, mais il me reste rien dans mon compte», confie un fonctionnaire, l’air abattu.

 

Un autre fonctionnaire trouvé devant un distributeur automatique, lâche d’une voix faible : «Mon solde est négatif».

 

Dans plusieurs banques où les salaires sont virés, beaucoup de fonctionnaires sont dans le désarroi. D’autres, sachant ce qui les attend, n’ont même pas fait le déplacement.

 

Le gouvernement, en appliquant la réduction de 50% sur tous les salaires, a fait des retraits de 50 000 FCFA voire 100 000 FCFA. Les montants soustraits dépendent de l’indice, de l’ancienneté de l’agent ou de son statut, suivant son ministère.

 

La majorité des agents ayant contracté des crédits bancaires ou  des découverts (avances sur salaire) se sont retrouvés avec un compte débiteur.

 

«Je vais essayer de revenir lundi pour prendre un découvert. Je n’ai pas le choix, je ne peux pas passer tout le mois sans avoir quelque chose», affirme un agent, consolé par des collègues faisant la queue devant un guichet automatique.

 

Jusqu’à vendredi, beaucoup d’agents du service public ne croyaient pas à la coupe opérée sur les salaires, d’où leur  surprise quand leur banques leur ont envoyé le montant reçu pour leurs salaires.

 

En réaction, beaucoup d’enseignants ont boudé les cours.

 

La plateforme intersyndicale (UST, CIST et Synecs) avait appelé, mardi dernier, à la cessation du travail, dès que le constat aura été fait de la coupure des salaires.

 

Contactés par APA, des responsables de centrales syndicales font savoir qu’une grève générale pourrait être déclenchée dès mardi, après une assemblée générale prévue demain lundi.

 

Le gouvernement tchadien avait adopté en 2016 une nouvelle loi interdisant une grève dépassant trois jours. En pareil cas, souligne la loi, il reviendra à la centrale syndicale ayant appelé au mouvement d’humeur de payer les jours de grève et non à l’Etat de le faire.

Avec APA

Topinfoplus.com

 

© 2017 TopInfoPlus. tous droits réservés.Design & Development by Nekmaam