michel_800x100_2.jpg
Politique

"L'Agriculture est un domaine d'affaires qui doit être rentable..."dixit le président du Faso

Le président du Faso en réponse aux paysans, leur à tenu ce discours à la Journée nationale du paysan tenue cette année dans la ville de Gaoua. 

Journée nationale du Paysan. 

(Gaoua, 27 avril 2019)

 

Mesdames et messieurs les productrices et producteurs du Burkina Faso.

Cela fait quatre heures et demie d’horloge, que nous sommes assis, écoutant les travaux des différentes rencontres que vous avez eues au niveau des 45 provinces et des régions, ainsi que les forums que vous avez tenus ici à Gaoua. Au terme de l’ensemble de ces échanges, je voudrais vous féliciter pour la qualité du travail abattu, et les réflexions menées en lien avec le thème qui parle de la sécurité alimentaire dans un contexte d’insécurité. 

C’est un thème qui est complexe et difficile, toutefois, la tenue de cette 21e édition de la Journée nationale du Paysan montre la résilience du peuple burkinabè et des producteurs que vous êtes, face à la situation sécuritaire, et permet de sceller notre engagement collectif  à faire en sorte que l’agriculture, l’élevage, les domaines halieutiques, soient la base du développement du Burkina Faso. 

C’est un objectif, une vision que nous devons avoir, et travailler à nous adapter aux nouvelles réalités dans lesquelles nous vivons. C’est pourquoi, je tiens à vous remercier, car malgré l’environnement et le contexte défavorables, vous avez répondu présents, et apporté vos contributions aux différents échanges. Il faut également noter que l’ensemble des discussions que nous avons eues sur la sécurité alimentaire, tournent autour de l’accroissement de la production, à travers les semences améliorées, les intrants agricoles qui participent à la production, et  le renforcement de la mécanisation de l’agriculture dans notre pays. 

Ce sont des préoccupations que vous avez soulevées, et des pistes que vous avez ouvertes. Je peux vous assurer que le gouvernement mettra tout en œuvre pour que les recommandations et les préoccupations soulevées, soient prises en compte et que des solutions d’accord parties soient trouvées. J’ai noté la disponibilité des organisations faîtières à apporter leurs contributions à la réflexion sur un certain nombre de questions qui sont posées, comme le problème relatif au fonds de développement agricole. Sur ce point, je voudrais vous rassurer qu’en attendant de créer une structure autonome qui va s’occuper de ce fonds, nous allons réfléchir déjà à la possibilité d’ouvrir un guichet à la Banque agricole du Faso, pour sa gestion. 

L’autre aspect que je veux préciser est que si les ressources de ce  fonds étaient logées dans d’autres structures, c’est parce que la banque agricole n’était pas créée. Maintenant qu’elle a vu le jour, elle va rapatrier ces ressources sous sa tutelle. 

Nos examinerons toutes les questions posées, et nous sommes d’accord avec vous qu’entre deux JNP, nous puissions avoir une rencontre tripartite intermédiaire  président du Faso/Premier ministre/partenaires, pour faire le point de l’évolution des recommandations avant la prochaine édition. Je vous assure ma disponibilité et mon souhait de  voir la mise en place de cette rencontre intermédiaire et l’opérationnalisation rapide du secrétariat permanent de la JNP. 

Nous devons travailler à définir un modèle agricole qui intègre l’énergie solaire, les besoins d’eau,  qui permette, en dépit des aléas de la nature, de pouvoir faire à tout moment de l’agriculture un pôle de concentration. Il en est de même pour l’élevage et pour les produits  forestiers non-ligneux. Nous devons travailler ensemble, à accroitre les différentes productions dans ces secteurs. 

Avec les autres filières, le souci demeure le même, à savoir la consommation des productions locales. Il nous faut donc protéger cette production et contrôler les produits importés, pour la santé et la sécurité de nos citoyens. Faisons en sorte que nos producteurs ne gardent pas par devers eux ce qu’ils ont produit, et  faisons aussi en sorte que l’Etat et ses démembrements paient à temps ce que les paysans donnent pour les écoles. Faisons en sorte que, conformément à l’arrêté qui a été pris par le Premier ministre, les productions locales soient favorisées et consommées, parce que nous devons consommer d’abord burkinabè. 

Je salue également l’industrie de transformation naissante, parce que l’agriculture n’est pas simplement pour la consommation personnelle, mais c’est un domaine d’affaires, qui doit être rentable, et permettre d’améliorer les revenus de nos paysans.  Il est important que nous regardions l’agriculture comme un secteur porteur, à l’image des autres secteurs où les gens font de bonnes affaires. Il faut donc aller au-delà de la culture juste pour se nourrir. 

C’est pourquoi, je voudrais attirer l’attention de nos agriculteurs, sur le fait qu’ils sont dans un domaine qui peut être rentable, où on peut faire des affaires et améliorer les conditions de vie au niveau du monde rural, à condition d’être organisé, à condition de travailler sur la qualité, et à condition d’adopter de nouvelles méthodes de travail. 

C’est pourquoi, il faut aller à la mécanisation qui permet de travailler sur des d’hectares. Cette mécanisation doit aller de paire avec, non seulement les surfaces cultivées, mais aussi avec l’amélioration de la qualité de la production. A ce titre, le ministre en charge de l’enseignement supérieur l’a souligné, la recherche est à votre disposition. Nous avons les chercheurs, nous avons la capacité de conduire nous-mêmes les recherches sur place. De la même manière que nous consommons burkinabè, nous devons utiliser notre intelligence pour avancer sur des réalités qui nous concernent. Cela est important. Nous devons chaque fois travailler en lien avec la recherche scientifique.

Concernant les questions de sécurité, nous sommes dans une situation où notre zone, qui est la zone sahélienne, est préoccupée par la question de la lutte contre le terrorisme. C’est une lutte de longue haleine, une lutte où nous devons, avec les autres pays, solidariser nos actions et combattre ces gens perfides qui ôtent sauvagement la vie de Burkinabè. 

Nous devons donc restés engagés et débout, parce que ce que ces gens veulent, c’est nous atteindre moralement, et créer des conflits communautaires. Nous devons tous avoir de la retenue et avoir à l’esprit qu’autant que nous sommes, quelle que soit notre culture, nous sommes d’abord des Burkinabè, nous vivons sur les mêmes terres et nous devons défendre les mêmes intérêts. 

C’est pourquoi, les conflits intercommunautaires survenus dans certaines localités, doivent être condamnés et bannis. Nous devons nous élever au-dessus des considérations ethniques. Et, j’attire l’attention du monde paysan sur les conflits qui surviennent ça et là, entre les communautés dans les villages, entre agriculteurs et éleveurs, entre agriculteurs locaux et ceux qui sont venus d’ailleurs. Il faut que nous trouvions les solutions dans le dialogue. Chaque fois que nous utilisons la force, il y a des risques de dérapages qui vont ternir l’image de notre pays. Il est important que partout où nous sommes, nous fassions en sorte que la recherche du dialogue soit la base sur laquelle nous allons régler les conflits qui naissent dans nos différentes communautés. Cela nous semble important, et je voudrais insister pour que nous puissions travailler dans ce sens. 

Je voudrais avant de terminer, souhaiter que nous ayions cette année, une bonne pluviométrie qui permette à nos braves agriculteurs et agricultrices, de poursuivre leur travail, parce qu’ils sont la source de la vie de tous les Burkinabè.

Je voudrais également dire que la rencontre de la JNP est un engagement réciproque : l’engagement du gouvernement à prendre des mesures pour accompagner le monde rural, et celui du monde rural à travailler pour atteindre une production de  qualité.

Je voudrais également insister sur la filière coton. Deux ans durant, le gouvernement a été obligé de faire des efforts pour soutenir cette filière. Nous devons, sur l’ensemble du territoire du Burkina Faso, convaincre les différents producteurs de coton de se réinvestir dans cette activité. Cette année encore, nous prenons l’engagement de soutenir la filière. La campagne 2019-2020 nous permettra de voir de façon palpable les fruits de ces efforts que nous développons ensemble. C’est pourquoi la sensibilisation, l’écoute, la discussion avec les producteurs, sont une question essentielle pour amener tout le monde à reprendre le travail et à aller, tous, vers l’objectif de l’accroissement de notre production. 

Je souhaite à toutes et à tous, un bon retour dans vos foyers respectifs. Que Dieu vous protège et veille sur vous, et que nous puissions, dans deux ans, nous rencontrer pour la 22e édition de la JNP, pour le bienêtre des producteurs et productrices du Burkina Faso.

 

Merci beaucoup !

Topinfoplus.com 

© 2017 TopInfoPlus. tous droits réservés.Design & Development by Nekmaam