Culture

Walib Bara DG du BBDA sur le MASA: Nos artistes doivent conquérir le marché ivoirien…

Le Marché des Arts et du Spectacle d'Abidjan  (MASA) bat son plein en ce moment en Côte d’Ivoire. Grace à l’implication personnelle de Walib Bara, Directeur Général du Bureau Burkinabè des Droits d’auteur (BBDA), 28 artistes burkinabè supplémentaires ont pu rallier le MASA. Walib Bara a bien voulu nous accorder une interview en attendant son avion ce 13 mars. Il rejoint le MASA où il doit livrer des communications.

Topinfo Plus : Monsieur le Directeur après la programmation officielle du MASA vous avez obtenu que 28 autres artistes  aillent représenter le Burkina. Comment cela s’est-il passé ?

Walib Bara : Il faut dire que suite à l’appel à candidature que le MASA  a lancé, il n y a pas eu une forte candidature des artistes burkinabè. Nous avons donc été interpellé par notre conscience, à faire quelque chose. Nous avons entrepris donc de voir avec les relations que nous avons du côté de la lagune Ebrié comment nous pouvions avoir une participation honorable, du Burkina Faso. Connaissant un peu le marché ivoirien, il faut dire qu’en 2010 déjà nous avions organisé une incitative de ce genre avec Papus de Merveilles, Salfo Soré allias Dja Press de Bizart Productions et moi-même à l’époque administrateur principal de Waga NDJAM. Nous avons réussi en 2010 avec Sissao Floby, Zougnazamda au Palais de la culture  d’Abidjan avec une collaboration des  ivoiriens Yodé et Siro. Et en 2016 nous avons organisé le Burkina au MASA avec l’implication des 02 ministres de la culture des 02 pays.

Pourquoi est-ce si important de se rendre au MASA ?

Walib Bara : Pour nous la Côte d’Ivoire est un marché important. Sur 20 millions d’habitants que compte la Côte d’Ivoire, 1/3 est constitué de burkinabè et cette population comprend une première vague qui est allée depuis les années 60 au moment des indépendances et qui s’intéresse beaucoup à la musique traditionnelle et une 2ème vague s’est installée en Côte d’Ivoire à partir des années 80 et cette dernière vague s’intéresse beaucoup plus à la musique moderne.  Nous ne pouvons laisser tout ce marché.

Qu’est-ce que vos démarches ont rapporté en terme de participation des burkinabè ?

Walib Bara : Nous avons approché les premiers responsables du MASA et après des échanges fructueux, ils nous ont invité à proposer 03 troupes et c’est à cette occasion que la troupe de Marie Gayiri et celle de Saaba ont été retenues pour pouvoir participer au MASA et 08 autres personnes composés de managers et d’opérateurs, soit un total de 24 personnes que le MASA a accepté de prendre en charge une fois qu’ils seront à Abidjan. C’est le lieu pour moi de saluer la perspicacité du ministre de la culture qui a accepté d’accompagner les 24 artistes pour leur déplacement en terre ivoirienne.  Ces 24 personnes viennent en plus des artistes qui avaient déjà été sélectionnés par le MASA avant notre intervention.

Vous êtes en train de prendre votre vol pour Abidjan mais est-ce que vous avez déjà des échos de la performance des burkinabè au MASA ?

Walib Bara : Oui et déjà je suis satisfait au regard des images que l’on voit sur la télévision ivoirienne, sur les réseaux sociaux mais aussi à travers des connaissances sur place, les burkinabè se comportent très bien. On parle notamment du collectif Qu’onsonne et Voix ailes qui a fait une prestation remarquable dimanche et ensuite la troupe Saaba. On a aussi bénéficié de 02 stands avec notamment l’exposition du Koko Dunda de Bazemsé, qui s’arrache comme des petits pains. Donc nous sommes vraiment satisfaits car la culture c’est trouver des solutions. Il faut aller sur le terrain au delà de ce que nous écrivons, pour  tester la praticabilité des discours. Je suis de ceux qui pensent que le marché africain doit appartenir aux africains.

Qu’est-ce que chaque artiste qui participe au MASA peut engranger comme bénéfice ?

Walib Bara : Le MASA est un marché d’abord. C’est-à-dire qu’il y a des acheteurs et des tourneurs. On a pris rendez-vous avec ces acheteurs et tourneurs pour voir nos troupes pendant 20 minutes. Il appartient aux administrateurs de ces artistes, de préparer des supports pour les acheteurs mais aussi aux troupes de pouvoir convaincre sur scène afin de décrocher des contrats. La musique requiert des heures et des heures de préparation pour être prêt au bon moment afin de convaincre les acheteurs. Il faut donc que nos artistes travaillent, qu’ils fassent des spectacles de taille et dans de bonnes conditions qu’ils pourront présenter aux acheteurs.

Est-ce que tous les artistes présents pourront décrocher des contrats au MASA ?

Walib Bara : J’ai envie de dire  aux artistes même s’ils n’ont pas de contrat à ce MASA, s’est déjà bien d’être sur le marché et des nouer des contacts, voire aussi comment un marché des arts fonctionne. C’est très important et c’est une expérience qu’ils pourront capitaliser plus tard. Le MASA c’est chaque 02 ans et dès la fin de cete édition le 17 mars, il faut commencer à préparer l’édition de 2020.

Quels conseils vous pouvez donner aux artistes qui aimeraient être sélectionnés prochainement pour le MASA ou d’autres marchés des arts ?

Walib Bara : Je pense qu’il faut travailler. Il faut surtout préparer des dossiers solides pour les déposer dès que l’on fait un appel à dossier. Pour ma propre expérience j’ai déjà dans le passé fait programmer des artistes comme Yeleen mais j’ai vu mes dossiers rejetés pour d’autres artistes parce que lors de leurs spectacles les instruments n’étaient pas bien audibles ou encore par ce que la lumière était défaillante. Ce sont des paramètres dont il faut tenir compte. Il faut aussi que les artistes apprennent à faire des concerts ou ils sont seuls sur l’affiche. C’est un élément important pour les acheteurs car cela démontrer la capacité de l’artiste à mobiliser.  Mais comme je l’ai dit aller déjà au MASA et prendre des contacts est une avancée pour se préparer. Il y a d’autres marchés aussi. Il, il y a Visa for Music il y a le FEMUB, Il y a même le FEMUA encore en Côte d’Ivoire.  

Merci et bon voyage Monsieur le Directeur

Walib Bara : C’est moi qui vous remercie et vive la culture burkinabè.

 

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