Culture

Journées culturelles Bobo Madaré: "Nos ancêtres étaient plus intellectuels que nous...

C’est parti pour la 2ème édition des journées culturelles Bobo Madaré. Le thème de cette année « mécanismes de sauvegarde et de transmission des rites, chants, contes, rythmes et pas de danse dans un contexte de modernité  » a été développé ce vendredi 23 novembre par de brillants panélistes. Au présidium se trouvaient, le Dr Oualy, enseignant chercheur à l’université Norbert Zongo,  Dr.  Doti Bruno Sanou, Alphonse Tougouma Directeur général du fond pour la culture, Thierry Millogo le modérateur et Bakary Ouattara président de l’association Sya Wolo qui organise les journées culturelles Bobo Madaré.

 

« Je suis de l’ethnie Gourmantché mais jusqu’à ma terminale je ne savais pas ce que c’était que lire dans le sable. J’ai donc décidé de retourner dans mon village pour apprendre et après plusieurs tentatives, j’ai été initié… » Ces propos sont du Dr Germain Oualy. Saluant l’initiative des journées culturelles Bobo Madaré, Dr. Oualy émet le souhait que plusieurs OSC emboitent le pas de l’association Sya Wolo et que tous, nous fassions le retour aux sources afin de sauvegarder et de nous habiller de notre culture.  Donner un cadeau à celui de ses enfants qui parlera le plus et le mieux la langue maternelle durant le mois, voici également une initiative personnelle du Dr Ouali pour la sauvegarde et la promotion de la culture car dira-t-il, tout commence par la langue.

« Nos ancêtres étaient plus intellectuels que nous. Ils avaient des forêts sacrées, érigées et entretenues au-dessus de nappes phréatiques avant même que nous ne venions leur parler d’écologie… », dira Dr. Doti Bruno Sanou avant d’ajouter : « Les savoirs existent toujours et sont transmis mais pas à tout le monde. Les vieux détenteurs prennent le temps de bien observer les jeunes afin de savoir à qui transmettre les différents types de savoirs en fonction de leurs personnalités.  On ne peut pas prendre des années de recherches ou des savoirs séculaires pour les donner à n’importe qui, mais les chercheurs dans les labos qui viennent de découvrir des choses, ne les transmettent pas au premier venu. Pour Doti Bruno Sanou, ceux qui sont intéressés par les savoirs culturels traditionnels, doivent retourner à la source et être attentifs.

Alphonse Tougouma, Directeur  Général du fond culturel quant à lui défend l’idée qu’il faut mettre les moyens nécessaire pour promouvoir et sauvegarder le patrimoine culturel  vivant. Seulement  0, 2% du budget de l’Etat est consacré à la culture et Alphonse Tougouma invite tous les acteurs de la société civile à mener le plaidoyer pour que ce budget passe à au moins 1%.

Le Directeur Général du fond culturel estime également que l’enseignement dans nos écoles doit être revu afin d’amener les enfants à connaitre et à aimer leur propre culture malheureusement soulignera-t-il, c’est par là que l’occident passe pour nous dominer en nous apprenant à l’école que notre culture est mauvaise ; ce qui amène certaines personnes à se renier complètement. 

Quand un soldat porte un gilet pare-balles et qu’on lui tire dessus il n y a rien. Quand également mon grand-père prépare ses fibres et autres et qu’on tire sur moi il n’y a rien également. Alors où est la différence ?  Ce questionnement est de Bakary Sitélé Ouattara le président de l’Association Sya Wolo organisatrice des Journées culturelles Bobo Madaré. Convaincu des savoirs culturels  traditionnels en Afrique, il prendra cet autre exemple : Quand on bombarde les nuages à l’aide d’un hélicoptère, il y a la pluie et quand mon grand-père  égorge son poulet et fait ses prières il y a la pluie aussi.

Le ton est donc donnée pour la 2ème édition des Journées culturelles Bobo Madaré qui se tiennent dans la ville de Sya et qui aura au programme  des danses traditionnelles, des contes au clair de lune, des masques, des expositions et des démonstrations de forge jusqu’à la clôture le dimanche 25 novembre 2018

Topinfoplus.com

 

© 2017 TopInfoPlus. tous droits réservés.Design & Development by Nekmaam